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Dongelberg

Le nom de la commune de DONGELBERG est évidemment d'origine flamande. La dernière syllabe signifie "montagne", ce qui correspond parfaitement à la situation de l'église et du château sur un coteau qui domine la vallée de l'Orbais; quant au préfixe "Dongle", il dérive sans doute du flamand "Donkel" ou de l'allemand "Dunkel", en français ténébreux, obscur, sombre.

Dongelberg

La commune de Dongelberg est limitrophe de celles de Jodoigne-Souveraine, Jauchelette, Glimes, Incourt, Roux-Miroir, Piétrebais et Lathuy.

En 1816, l 'administration du cadastre divise la commune en deux sections: le Gailbiez et le Village.

A l'exception des rives de l'Orbais qui sont fort encaissées en quelques endroits, le territoire de Dongelberg se compose de belles campagnes légèrement ondulées et se prolongeant vers le nord jusqu'au ruisseau de Saint-Denis qui le sépare de Piétrebais. Le point culminant est la ferme de Gailbiez.

dongelberg

On comptait à Dongelberg: en 1666, 160 communiants; en 1709, 139 habitants, en 1784, 330 habitants...

Il existait jadis à Dongelberg deux moulins à eau: l'un qui formait une annexe de la seigneurie de Roux-Miroir, l'autre qui dépendait de la terre de Dongelberg. Le deuxième moulin était bâti à l'extrémité du chemin dit du Moulin, au pied d'un rocher, il était plus connu sous le nom de Moulin De Vroye ou Grand Moulin, il possédait deux roues hydrauliques et deux couples de meules.


L'autre moulin existait déjà en 1352 au lieudit "le Fayt" et produisait alors un revenu annuel de 28 muids(à définir)(ancienne mesure de capacité pour les liquides, les grains, le sel; à Paris en 268 l pour le vin et 1872 l pour les matières sèches) de grains, mais il était déjà tombé en ruines en 1531 et ne fut plus rétabli. D'après les coutumes du village de Roux-Miroir, tous les habitants de ce village et d'une lieue à l'entour étaient tenus d'y faire moudre leur blé, que le meunier ou son domestique devait venir prendre et restituer en farine. Le meunier recevait pour son salaire une paille par setier (à définir)(ancienne mesure de capacité pour les grains (entre 150 et 300 litres environ), c'est-à-dire un douzième; si la farine restituée ne correspondait pas à la qualité de grains remise par le cultivateur, celui-ci pouvait saisir le cheval du meunier et le garder jusqu'à restitution du grain détourné, et, dans ce cas, il ne devait donner au cheval que de l'eau à boire.


En l'année 1809, Jean-Henri Plique, de Jodoigne-Souveraine, construisit à Dongelberg une batterie à chanvre qu'il transforma ensuite en moulin à farine. Une autre batterie à chanvre fut installée dans l'espace qui séparait le Moulin Plique du Grand Moulin. Plus tard M. Libois le transforma en moulin à grains et édifia une nouvelle batterie à côté de ce dernier. La Batterie Motte comme on l'appelait possédait une roue et une paire de meules.


En 1860, M . Grognard fut autorisé à établir, au niveau 95 mètres 02 en aval du pont et de l'ancienne école de Dongelberg, en amont du Grand-Moulin, une roue qui faisait mouvoir une pompe destinée à extraire l'eau des carrières qu'il exploitait.

En 1872, 24 ouvriers environ s'occupaient de l'extraction et de la taille des pierres; quelques habitants se livraient à l'industrie linière.

Le village de Dongelberg constitue une des agglomérations qui se formèrent, à une époque déjà reculée, le long de la rive occidentale de l'Orbais. Le grand chemin de Louvain à Namur y passait. Cette voie, après avoir fait un coude par le centre d'Incourt, se dirigeait ensuite vers Jauchelette. La preuve qu'il se faisait par ce chemin un assez grand commerce, c'est qu'on levait à Dongelberg un tonlieu[Impôt ou taxe que l'on percevait sur les marchandises transportées. Droit payé par les marchands pour étaler dans les foires et marchés.] au profit du seigneur.

Dans l'acte de fondation du chapitre d'Incourt, en 1036, Incourt et Brombais sont signalés comme situés dans le comitatus de Dongelberg. On ne doit pas en conclure que ce dernier village ait été jadis la capitale d'un véritable pagus ou comté; Tarlier et Wauters croyaient plutôt qu'il était simplement le centre d'une des subdivisions des domaines des Comtes de Louvain, comprenant probablement tous les biens que ceux-ci possédaient sur les bords de l'Orbais et de la Gette , entre les terres des comtes de Grez, des comtes de Duras et des seigneurs de Jauche.

Le 16 mars 1465, Louis, seigneur de Dongelberg, ayant demandé au maire et aux échevins l'ouverture de leur coffre d'archives pour avoir des éclaircissements au sujet du vinage ou tonlieu qu'il avait le droit de percevoir, on y trouva un registre aux cens [Redevance fixe que le possesseur d'une terre payait au seigneur du fief] de la seigneurie, qui avait été renouvelé en 1416 par le prêtre Jean Waissart, en présence du maire, des échevins et de la plupart des masuiers et tenanciers de la seigneurie. Dans le tarif du vinage figurait un grand nombre d'articles: sacs de laine, chariot de plomb, de fer, balles d'amandes, de riz, d'alun, de cumin, marc de vieil argent, des noix de muscades, des clous de girofle, milliers de harengs, saumon, tonneau de souffre, etc.

Pendant les guerres qui désolèrent notre pays, le château de Dongelberg fut plusieurs fois assailli et dévasté.

Au dix-neuvième siècle, le château fut reconstruit, de même que la cure et l'église. De nouvelles usines furent établies ainsi que plusieurs carrières.

Dongelberg formait autrefois une mairie particulière, sauf que parfois il était compris dans celle de Jodoigne Depuis la Révolution Française (An III), le village fait partie du canton de Jodoigne.

Dongelberg ne figure pas dans les anciens comptes des baillis de Nivelles et de Jodoigne. La justice à tous les degrés y appartenait aux seigneurs du lieu.

La seigneurie de Dongelberg avait la haute, moyenne et basse justice dans le village, avec tous les droits qui y étaient attachés. En 1495 elle comprenait une forteresse ou château, dont il ne restait, en 1659, que des vestiges; une basse-cour ou cense, qui brûla quelque temps plus tard, une brassine ou brasserie banale [banal: dont les gens d'une seigneurie étaient tenus de se servir en payant une redevance au seigneur], un moulin à eau également banal, un "estordoir" ou tordoir [moulin à huile] également incendié mais restauré en 1530, plusieurs terres et prés ainsi que quelques tonlieu et autres taxes...

Le château de Dongelberg souffrit considérablement des guerres dont notre pays fut le théâtre, et en 1659, il n'en restait que des ruines. Jacques-Philippe de Dongelbergh fit réparer et embellir le manoir. Un burin [gravure au burin] du graveur Harewijn nous a transmis une vue de l'état dans lequel se trouvait ce château. La porte d'entrée, avec son portail à pilastres et fronton, était pratiquée dans une petite tour carrée, à toit en cloche et campanile[clocher]; elle donnait accès à une première cour, presque partout entourée de bâtiments servant de dépendances, et dont le milieu était occupé par un puits; au fond de cette cour, vers la gauche, un mur avec balustrade, séparait cette première cour de la seconde, autour de laquelle étaient disposées des corps de logis principaux, et dans le nombre, une haute tour, également carrée, à toiture en forme de cloche, surmontée d'un petit campanile et d'une grande girouette. L'église et le cimetière se trouvaient à côté des dépendances, à gauche, et semblaient ne former qu'un corps avec le manoir.

Dongelberg carte postale

En 1835, la famille d'Argenteau, propriétaires du domaine à l'époque, cédèrent les biens à MM. Pastur et Wirix qui les vendirent au baron Joseph-Louis Osy de Zegwaert, de Rotterdam. Son fils, le baron Iwan-Marie Osy de Zegwaert a considérablement embelli et agrandi le domaine de Dongelberg.


Le baron Osy père fit exécuter de grands travaux au château, sous la direction de l'architecte Moreau, de Nivelles. A côté du donjon, sur l'emplacement du corps de logis adjacent, il fit élever un pavillon de forme carrée et d'une architecture très simple. Son fils fit transformer complètement ces constructions et leurs alentours, sous la direction d'un architecte français, M.Parent. Au nord-ouest du château, on construisit, en 1863-1864, de magnifiques écuries, qui entouraient une cour de trois côtés. Elles furent bâties en briques rouges et en pierres blanches.


La villa édifiée par l'architecte Moreau fut remplacée par un vaste corps de logis, dans lequel M.Parent a déployé avec une exubérante élégance, l'architecture française du règne de Louis XIII. Ce corps de logis est flanqué à chaque extrémité d'une tour et présente, en son milieu, un pavillon qui fait saillie sur la façade vers le nord-est. Sous toute l'étendue de l'édifice règne un soubassement, où des fenêtres à encadrement de pierre bleue, éclairent les caves et les souterrains.

Le pavillon est surmonté d'un toit à la Mansard , percé de fenêtres, et couronné par un campanile octogone. Les tours latérales sont rondes et décorées de manière à continuer le corps de logis principal. Ce riche spécimen d'architecture renaissance, bâti en briques et en pierres blanches, avec ses grands toits d'ardoises, ses cheminées, ses tourelles produit un bel effet lorsqu'on l'aperçoit de loin, de la chaussée de Tirlemont vers Charleroi.

dongelberg-nouvelle-eglise-de-dongelbergEn 1904, une communauté bénédictine française exilée de son monastère de Sainte-Wandrille suite au vote de la loi Combes, s'installa dans le château.
Quelques pièces furent aménagées en lieu de culte jusqu'au départ de la communauté en 1913.


Au cours de la première guerre mondiale, une colonie d'enfants débiles [DEBILES:
désignait des enfants qui manquaient de forces physiques suite à une sous-alimentation ou à une grave maladie] fut installée dans le domaine de Dongelberg. Cette colonie fut à l'origine de la création du home Henri Velge (Oeuvre Nationale de l'Enfance), du nom du premier secrétaire général de la Commission d'Alimentation de l'Enfance, commission dont la création avait été décidée le 1er juillet 1916.


L'église de Dongelberg a été reconstruite il y a peu.

L'église Saint-Laurent fut à toutes époques comprise dans le doyenné de Jodoigne. La commanderie de Chantraine, de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, en avait la collation [action de conférer à quelqu'un un titre, un bénéfice ecclésiastique]. Après le concordat [accord entre le pape Pie et Bonaparte en 1801 ???], Dongelberg fut compris dans la paroisse de Roux-Miroir. Bientôt les habitants, dont Mme d'Argenteau, demandèrent que l'église fut rouverte et eût un prêtre particulier.

L'église était, au XVIIe siècle, un petit édifice sans caractère et sans importance. Lorsque l'évêque de Namur en fit la visite, le 29 mai 1666, le pavement manquait en beaucoup d'endroits; le plafond à l'extrémité du temple tombait de vétusté; les murs du cimetière s'étaient écroulés ou menaçaient ruine. Le temple fut reconstruit vers l'année 1770. Il formait un vaisseau assez large, s'arrondissant à l'entrée del'abside [Extrémité d'une église, derrière le choeur.], qui était terminée par un mur plat, amorti aux angles. Toute la construction était en briques, sauf le soubassement, les anglées et les encadrements des fenêtres, pour lesquels on avait employé la pierre blanche. Une tribune servant exclusivement aux possesseurs du château occupait toute la largeur de la nef, qui recevait le jour de chaque côté, par trois fenêtres en plein-cintre, dont la première était une porte-fenêtre. Au choeur et dans la tribune le jour pénétrait par un oculus. [fenêtre ronde, oeil-de-boeuf] Un plafond surbaissé recouvrait tout le vaisseau. A gauche du choeur s'élevait une tour carrée surmontée d'un clocheton revêtu d'ardoises; à droite se trouvait la sacristie.

L'église souffrit du tremblement de terre de 1828 et fut restaurée en 1835. Le peu de ressources de la fabrique et de la commune semblait lui assurer encore une longue existence lorsque M. Osy conçut le projet de reconstruire entièrement son château et d'en transformer les abords. L'église fut alors condamnée comme malsaine,insuffisante et d'un accès difficile, et le presbytère comme tombant de vétusté. L'un et l'autre édifices furent cédés au Comte pour la somme de 21.000 francs le 15 mars 1867. Une nouvelle église fut construite d'après les plan de M. Coulon. Celle-ci, située sur le site de l'actuelle église, faisait face aux écuries du château et pouvait contenir 600 personnes. C'était un beau vaisseau ayant la forme d'une basilique. Elle se composait de trois nefs séparées l'une de l'autre par deux rangées de quatre colonnes, qui supportaient cinq arcades en plein-cintre. Chaque bas-côté recevait le jour par cinq fenêtres en plein-cintre et, de chaque côté de la grande nef, dans les tympans (Espace compris entre le linteau, pièce horizontale qui ferme la partie supérieure d'une ouverture et soutient la maçonnerie, et l'archivolte d'un portail, bande moulurée concentrique située à la partie intérieure et concave d'une arcade) de la voûte, on en voyait un même nombre, qui étaient en anse de panier(arc dont la courbe surbaissée a la forme d'une demi-ellipse). L'abside (extrémité d'une église derrière le choeur lorsqu'elle est arrondie en hémicycle) qui était à trois pans, était éclairée: au chevet (extrémité d'une église), par une grande fenêtre cintrée et, sur chacun des côtés, par deux fenêtres accolées et surmontées d'une troisième, toutes en anses de panier. A gauche du choeur se trouvait la sacristie; à droite s'ouvrait une tribune qui avait été concédée à perpétuité à M. le Baron Osy, pour lui et sa famille. Toutes les voutes sont à arête. L'ordre employé est un ionique(un des trois ordres grecs caractérisé par un chapiteau, partie élargie qui couronne le sommet d'une colonne, orné de deux volutes latérales,ornement d'architecture, enroulement sculpté en spirale) légèrement modifié.

L'édifice était bâti en briques et en pierres, ces dernières provenant, en partie des carrières de la Lorraine.

Le village de Dongelberg a vu naître Guillaume de Dongelberg, religieux de l'ordre de Citeaux; élu abbé de Villers, il devint le chef du puissant monastère de Clairvaux en 1236 ou 1237 et mourut en 1242. Ce fut pendant son administration dans la première de ces maisons religieuses que l'on en fonda les deux filles: Grandpré, dans le comté de Namur et Saint-Bernard, près d'Anvers.

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